26+27 Août 2017 | Citadelle de Namur

INTERVIEW : "Alice, mais les paillettes en plus !"

Les enfants l’appellent  «  Madame On the Roof »

Depuis 2015, tout s’est enchaîné très vite pour Alice Dutoit, alias Alice on the Roof , l’artiste belge incontournable du moment ! Elle sort son tout premier album, rafle tous les D6bels award au nez et à la barbe d’artistes confirmés et commence, dans la foulée, une tournée marathon qui la mènera dans tous les grands festivals de l’été !

Fortement sollicitée,  la jeune montoise nous a consacré un peu de son temps pour nous parler de ses motivations et de ses rêves. Bienvenue dans le monde merveilleux d’Alice. Une fille simple et sympa qui a la tête dans les étoiles… mais les pieds bien sur terre.

Votre tournée passera fin août aux Solidarités. Ce sera votre deuxième participation à ce Festival un peu particulier puisqu’il revendique une dimension culturelle avec ses débats, son village associatif et ses animations pour enfants. Cela représente une différence pour vous en tant qu’artiste ?   

Je fais des études d’institutrice et par déformation professionnelle je me pose souvent la question : « Chanter, cela sert à quoi ? » . Ce sont juste des chansons … Même si cela me réconforte de voir le public se déplacer et prendre du plaisir au concert. Dans le cas des Solidarités, il y a une dimension supplémentaire. Je sens que je suis là pour une autre raison et c’est très plaisant. En tant qu’artiste, je n’ai pas vraiment senti de différence particulière car c’est un public très familial, hyper réceptif et très chouette. C’est mon public en fait. Je garde un très bon souvenir de l’édition 2015 ! Cette année, je serai sur l’autre scène ! Ce sera une expérience différente, il y a une évolution. C’est vraiment une très belle organisation surtout pour les parents accompagnés de leurs enfants. Et je trouve les décors très beaux ! 

Le succès est venu très rapidement, mais par rapport à vos débuts, on sent que vous avez gagné en maturité et en assurance. Comment faites-vous pour le gérer ? Avez-vous des trucs et astuces ?

A mes débuts, j’étais hyper timide et toujours dans le « regard » . C’était comme si je sortais de mon corps pour me regarder du public. Ce n’est pas la meilleure solution pour être à 100% dans la chanson. Le fait d’être en représentation c’est un peu contre nature pour moi (même si cela fait partie de  mon métier). Alors pour décompresser je prends du temps pour moi, je m’offre des petites récompenses comme une soirée avec ma famille, avec mon frère que j’adore ou avec des copines…

Le papillon est sorti de son cocon ?

Oui, je le ressens comme cela ! Maintenant sur scène, je suis super épanouie.  J’ai de la chance d’avoir une très bonne ambiance dans mon équipe, avec les musiciens on est un peu comme une famille et eux aussi sont là pour me détresser. . . Le côté humain est super important ! A chaque fois à la fin d’un concert on se rassemble pour voir ce que l’on pourrait  améliorer. Dans la musique, dans l’art, rien n’est jamais acquis, rien n’est jamais terminé. C’est comme cela que j’évolue.

Votre image a elle aussi très vite évolué pour devenir ce personnage d’Alice on the roof… Est-ce pour vous une manière de mettre une distance entre personnage public et privé ? Une certaine façon de vous protéger ?

Je pense qu’il doit y avoir un peu de cela. Quoique ce ne soit pas un truc conscient. Quand je monte sur scène, je ne me dis pas : «  Allez, enfile ton costume d’Alice on the Roof et joue ton rôle ! » (rires). Mais oui, c’est vrai quand je fais mon métier d’artiste, de chanteuse j’ai l’impression d’être la version sublimée de moi-même. C’est moi, Alice, mais avec des paillettes !
J’ai appris très rapidement à faire la part des choses, à prendre du recul. Et puis les personnes qui m’entourent ont bien les pieds sur terre. Je suis bien protégée.

Vous avez commencé à chanter très jeune dans des chorales. Comment êtes-vous passée à un style électro-pop ? Quelles sont vos références et vos influences musicales ?

J’ai commencé à 5 ans. Et pendant ces 15 ans de chorales, j’ai appris à chanter à mélanger plusieurs voix, à faire des harmoniques et à développer mon oreille. C’était une base très importante.

Mais parallèlement , j’écoutais aussi beaucoup de morceaux étrangers à l’univers « chorale ». Vers 15 ans j’ai développé une passion pour la musique des groupes scandinaves. Je m’en suis donc naturellement inspirée.  Mes chansons ont quelque chose de «  belge » bien sûr,  je ne prétends pas être à leur niveau. Mais j’avais envie d’une musique aérienne, de sons planants tout en gardant une trame classique (influence de mes années de chorales ?) : un refrain, un couplet, une vraie mélodie que le public peut chanter avec moi…

Vous poursuivez des études d’institutrice primaire . Voyez-vous un lien entre ces deux « métiers» ? Il y a aussi un peu de spectacle quand on se retrouve devant une classe ?

Honnêtement on ne s’en rend pas compte de l’extérieur, mais quand on donne cours on est en représentation ! On enfile son costume de maître d’école. C’est un très beau métier qui me plaît aussi beaucoup. On pourrait croire qu’il y a une routine, que c’est tout le contraire de la vie d’artiste. Mais c’est une erreur, il faut être polyvalent et pouvoir mettre plein de casquettes différentes. C’est aussi très créatif comme métier selon la façon dont on l’aborde.  C’est d’ailleurs pour cela que je l’ai choisi.

Vos arrivez à concilier les deux ?

(Rires et soupirs… )Ce n’est vraiment pas évident. J’ai fait un stage en janvier et j’alternais les concerts le soir et les cours la journée. Même les enfants confondaient un peu tout et m’appelait Madame On the Roof !  Mais c’est un projet auquel je tiens énormément et je sais que j’y reviendrai un moment donné.

Et dans 10 ans …Comment se voit Alice ?

J’adore vraiment ce que je fais donc l’idéal serait que cela continue ! Dans les arts du spectacle il y plein de facettes différentes qui me plaisent (la création, l’écriture des textes, les sons et lumières…la communication ). Donc beaucoup de reconversions possibles !

 Mais là je n’y pense pas … j’aimerais vraiment sortir un second album et continuer

(Interviews réalisée par l'équipe de Solidaris Liège)